TOUJOURS LE MÊME PLATANE

« Toujours le même platane » est une exposition rassemblant des œuvres qui répondent à une problématique commune : celle de la route. C’est également une rencontre et un échange entre quatre jeunes artistes. À une époque où l’idée de mobilité a perdu sa forme utopique et que le déplacement semble être devenu une nécessité, la route n’est plus que le relais entre des points A et des points B. « Toujours le même platane » suggère une forme de lassitude engendrée par la banalité de nos paysages quotidiens, et de ces non-lieux que l’on traverse. La route, pourtant, continue de renvoyer à l’imaginaire collectif d’un voyage, fait de promesses et d’embûches, de départs et d’arrivées, sans que la destination ne soit toujours décidée. Si elle n’est bien souvent qu’un lieu de passage, elle peut être, parfois, synonyme d’aventure. La route peut donc prendre différents sens; chacun de ces artistes se l’approprie, et après l’avoir arpentée, ré-inventée,rêvée,  éprouvée, nous en livre ses représentations.

Platane2015Affiche

 

 

Gabrielle Decazes

 Gabrielle Decazes dessine des paysages d’autoroutes, ces représentations sont celles du point de vue d’un        passager qui fixe l’horizon, traversant des paysages banals et quotidiens. Disposés sous une vitre teintée rappelant  la nuit américaine, un dispositif cinématographique, les passagers sont projetés dans l’univers du road-movie.  → gabrielledecazes.tumblr.com

 

Lohengrin Papadato nous livre une vision faussement ludique des non-lieux que l’on traverse en prenant la route. En s’emparant des codes graphiques des jeux d’enfants il propose une version schématique et ironique du monde dans lequel nous évoluons.                        → lohengrinpapadato.wordpress.com

 

    Laure Mathieu nous présente une édition, réalisée en 2013, nommée     Itinéraires existentiels. Elle effectue une recherche de termes opposés et trouve des toponymes qui correspondent (Chapelle de la Bonne Mort, Port la Vie, par exemple). Les itinéraires sont entrecoupés de photos récupérées sur internet qui soulignent ou questionnent le nom du lieu qu’ils représentent, établissant ainsi un dialogue entre le nom et la chose.

Benjamin Robert-Degude nous propose une immersion auditive dans un univers végétal cerné par la route et son brouhaha. À l’instar de Maitland, le Robinson Crusoé de L’île de Béton de J.G.Ballard qui, après un malencontreux accident se retrouve coincé dans l’îlot d’un échangeur autoroutier, nous sommes projetés ici dans un paysage mental où se confronte nature et civilisation.  → benjamin-robert-degude.tumblr.com

 

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