HELENA FIN

« Oh! My Berlinda »

Peintures

Oh! My Berlinda Helena Fin

Du vendredi 16 octobre au dimanche 1er novembre 2015 de 15 h à 19 h

 

 

Dimanche 25 octobre Héléna Fin lit des poèmes de Bernard Noël « Extraits du corps ».

Esther Lopez, danseuse, accompagne cette lecture à la Galerie. (Film de Alain Barthot)

Dans le local silencieux,
s’inventer son monde,Helena Fin atelier Saint Pierre des Corps
hors du monde,
moment suspendu …

Besoin d’avancer, ou simplement tenter de « monter la toile »,
avant de commencer, la caresser du plat de la main,

comme une peau,
la faire naître, apparaître.
Imprégner le pinceau.
Rythme, bruit du glissement régulier du pinceau.
Rotation des toiles, laisser  sécher, observer, observer …….
Ne pas perdre le dessous, ne pas le laisser s’effacer par une quelconque opacité.

Les enduire, les oindre, les caresser, les nourrir l’une après l’autre.

Re-chercher la forme dans l’immatérialité du corps sensible. Aller plus loin, trouver le lien entre le possible encore identifiable et l’indéfinissable. Espace d’un être dans l’autre. Fusionner, s’écarter, se reculer, entrevoir coulures, ouvertures.

S’en saisir et les perdre.
Les reprendre et les perdre.

Amnésiquement, accepter qu’un seul instant du désir dépose son empreinte.

 

Helena Fin Lyeuxcommuns 2015En 2005 Le musée des Beaux-Arts de Valenciennes présentait une exposition intitulée : « La peau est ce qu’il y a de plus profond », exposition mêlant poésie, sculpture, peinture, photo , présentant des œuvres plus classiques telles celles de Jean Baptiste Carpeaux mais aussi contemporaines comme celles du minimaliste Pénone ou du photographe qui me touche beaucoup, John Coplans. Mais la découverte des œuvres de Berlinde de Bruyckère a été une sorte de révélation.

Flamande née à Gand en 1964, elle a représenté la Belgique à la Biennale de Venise, mais aussi à Avignon pour l’exposition « Les Papesses ». J’ai pu à maintes reprises suivre ses nouvelles créations lors d’expositions à Paris comme celle récente à la Maison Rouge.

Ce qui me touche chez Berlinde de Bruyckère c’est sa façon de présenter le corps tel qu’il est, un corps qui traverse le temps. En cela elle rejoint la tradition flamande de Jérôme Bosch à Rembrandt. Un corps dont la peau serait translucide, sculpté non pas dans le marbre mais dans la cire. La cire laissant apparaître les vaisseaux, la déformation et parfois le morcellement. Depuis 2005, je tente de capter en peinture une partie de cette vision en me l’appropriant, en la déclinant pour parfois n’en garder que quelques lignes. Parfois je l’abandonne et finalement elle revient surnager entre les glacis colorés. C’est devenu comme une forme fétiche qui m’aide à avancer, lorsque je suis perdue.

Héléna Fin Octobre 2015

 

Partager ce contenu :
Facebook Twitter